BOTTEN v. NORWAYDISSENTING OPINION OF M. F. MARTINEZ
Doc ref: • ECHR ID:
Document date: October 11, 1994
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DISSENTING OPINION OF M. F. MARTINEZ
Je partage l'avis de la majorité de la Commission lorsqu'elle
affirme que sa tâche ne consiste pas à examiner le droit interne "in
abstracto", mais à déterminer si l'application qui en a été faite dans
le cas d'espèce constitue une violation de l'article 6 par. 1 de la
Convention (vid. rapport par. 70). Cependant, contrairement au
jugement de mes éminents collègues, je ne parviens pas à discerner le
caractère inique de la procédure devant la Cour Suprême norvégienne.
De l'avis de la majorité, trois facteurs d'iniquité sont relevés
en l'espèce :
1. Le requérant n'a pas été entendu par la Cour Suprême;
2. La Cour Suprême n'a pas le pouvoir de réviser les faits
établis par la juridiction du premier degré;
3. En condamnant le requérant, acquitté en première instance,
la Cour Suprême a procédé à une reformatio in pejus.
Pour ma part, j'estime qu'il n'en est rien.
En ce qui concerne la premier constat, la Cour européenne des
Droits de l'Homme a bien établi que, lorsque l'accusé a été entendu
publiquement en première instance, il n'est pas nécessaire que ce
dernier soit présent devant la Cour Suprême notamment lorsque le
contrôle qu'elle exerce porte sur le droit et non sur les faits. Au
demeurant, le requérant disposait de la possibilité de s'adresser à la
Cour, ce qu'il n'a pas fait suivant en cela le conseil de son avocat.
Or, il m'apparaît pour le moins curieux que le requérant se réclame
maintenant d'un droit que, de son plein gré, il n'a pas voulu exercer.
La Commission considère que la Cour se doit de sommer toute personne
qui choisit librement de ne pas demander à assister à l'audience. La
question se pose donc de savoir si la Cour était tenue d'entendre le
requérant malgré lui.
S'agissant du deuxième facteur, les faits étaient pourtant
simples. Alors que la "City Court" avait jugé que, dans les
circonstances de l'espèce, l'emploi d'un "rubber dinghy" n'était pas
constitutif de l'infraction de négligence, la Cour Suprême estima quant
à elle que l'usage d'un "dorry" était indispensable pour ne pas tomber
sous le coup de l'accusation pénale.
En quoi cela serait-ce inique ?
A maintes reprises, une juridiction d'appel ayant pleins pouvoirs
pour réviser les faits n'y apporte pas le moindre changement tout en
les qualifiant différemment en droit.
Enfin il convient de rappeler que la Cour Suprême, bien qu'étant
saisie d'un appel alternatif, s'est contentée d'accueillir l'appel
basé sur une appréciation erronée de la loi.
Pour ce qui est de la reformatio in pejus, il est possible que
je la conçoive différemment de la majorité de la Commission. A mon
sens, reformatio in pejus signifie aggravation de la situation de la
partie qui introduit une voie de recours. Condamner sur appel du
ministère public est quelque chose de normal et répond à l'objet même
d'un tel appel. A cet égard, je renvoie à l'article 2 par. 2 du
Protocole N° 7 à la Convention qui prévoit la possibilité d'être
déclaré coupable et condamné à la suite d'un recours contre son
acquittement.
Ainsi donc, je considère qu'aucun des facteurs retenus par la
majorité, pris isolément ou en combinaison, peut entraîner une
violation de l'article 6 de la Convention.
APPENDIX I
HISTORY OF THE PROCEEDINGS
Date Item
_________________________________________________________________
22 December 1989 Introduction of application
26 February 1990 Registration of application
Examination of admissibility
11 May 1992 Commission's decision to communicate the
case to the respondent Government and to
invite the parties to submit observations
on admissibility and merits
2 October 1992 Government's observations
7 January 1993 Applicant's observations in reply
11 October 1993 Commission's decision to hold a hearing on
the admissibility and merits
17 January 1994 Hearing on admissibility and merits of the
case, followed by the Commission's
deliberations and decision to declare the
case partly admissible and partly
inadmissible
Examination of the merits
26 January 1994 Decision on admissibility transmitted to
parties. Invitation to parties to submit
further observations on the merits
2 March 1994 Applicant's observations
3 March 1994 Government's observations
13 May 1994 Commission's consideration of state of
proceedings
11 October 1994 Commission's deliberations on the merits,
final vote and adoption of the Report
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