BOWMAN v. THE UNITED KINGDOMOPINION DISSIDENTE DE M. F. MARTINEZ
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Document date: September 12, 1996
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OPINION DISSIDENTE DE M. F. MARTINEZ
J'ai voté contre l'avis de la majorité car j'estime que, dans les
circonstances de l'espèce, il n'y a pas eu violation de l'article 10
de la Convention .
Il est vrai que la liberté d'expression constitue l'un des
fondements essentiels dans une société démocratique ; mais cette
liberté repose elle-même sur une société dotée d'une structure la plus
démocratique possible. Or, l'institution qui symbolise par excellence
la démocratie est le Parlement. Tous les candidats au Parlement doivent
être élus dans une dynamique qui assure l'égalité des chances entre eux
et je considère que les modalités de la confrontation électorale font
partie de a marge d'appréciation des Etats, compte tenu de leur
particulières spécificités. Je suis d'avis que, lorsque le système est
établi par des lois issues du Parlement - institution qui incarne
l'expression de la volonté du peuple - les organes de la Convention
doivent les respecter dans toute la mesure du possible et ne pas
substituer leurs propres idées à celles de la volonté démocratique
exprimée par la loi interne.
Cela dit, je vois que la Commission censure la loi britannique
tendant à favoriser l'égalité de chances pour les candidats aux
élections législatives moyennant l'interdiction faite aux tierces
personnes de dépenser de l'argent dans la promotion de l'élection d'un
candidat.
En ce qui me concerne, je trouve en cela un procédé légitime,
même si les dépenses servent à diffuser des idées qui sont en dehors
du contexte des élections.
En conséquence, il me semble que la loi en question est
pertinente dans une société démocratique non pas seulement pour la
protection des droits des autres candidats, mais aussi pour assurer que
la première institution de la société démocratique - le Parlement -
soit composée de la manière la plus démocratique, à savoir que les
candidats bénéficiant d'un appui financier ne puissent avantager Ã
ceux qui en sont démuni.
Or, le cas de la requérante est justifié par le second paragraphe
de l'article 10 de la Convention.
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