SCHWABE v. AUSTRIAOPINION DISSIDENTE DE M. J.-C. GEUS à laquelle se rallient
Doc ref: • ECHR ID:
Document date: January 8, 1991
- Inbound citations: 0
- •
- Cited paragraphs: 0
- •
- Outbound citations: 0
OPINION DISSIDENTE DE M. J.-C. GEUS à laquelle se rallient
MM. G. JÖRUNDSSON, J.-C. SOYER, F. MARTINEZ-RUIZ et Sir BASIL HALL
Que les hommes politiques, plus que d'autres, fassent l'objet
de critiques parfois très sévères est parfaitement normal puisque
l'article 10 de la Convention, qui protège la libre expression des
idées, place les auteurs les plus éminents du débat démocratique dans
une position particulière. Que les opinions qu'ils ont émises, que
les positions qu'ils ont prises, que la manière dont ils ont exercé
leurs fonctions publiques soient contestées par leurs adversaires, par
la presse, et, finalement, par tout citoyen, procède de la nature même
d'un régime démocratique.
Il n'en reste pas moins que la sphère de leur vie familiale et
privée doit être protégée comme l'est celle de toute personne. Aux
termes du paragraphe 2 de l'article 10, la liberté d'expression
d'autrui peut être limitée en vue, notamment, de protéger la
réputation et les droits des hommes politiques.
Force est de constater, dans la présente affaire, que l'on est
bien loin d'un grand débat d'idées, ce qui aurait autorisé que la
pensée puisse s'exprimer sans entraves.
Evoquant dans un article de presse un accident de roulage dont
s'était rendu responsable M., un ami politique du requérant, alors
qu'il était sous l'influence de la boisson, son taux d'alcoolémie
étant de 1,75 gr. pour mille, le requérant a rappelé un autre accident
de la circulation dont F., un homme politique appartenant à un autre
parti, s'était rendu responsable dix-neuf ans auparavant, ajoutant que
F. conduisait après avoir bu. En réalité, le taux d'alcoolémie de ce
dernier était de O,8 au moment du test, et avait été estimé à O,6 ou
O,7 au moment de l'accident, si bien que F. n'avait pas été poursuivi
du chef d'ivresse au volant.
Les termes utilisés par le requérant étaient falacieux et de
nature à faire croire que F. était dans un état d'ivresse comparable Ã
celui de M. Le fait que le requérant n'a pas utilisé les termes
légaux pour décrire la prétendue ébriété de F. est ici sans
importance ; en effet, l'ensemble de l'article tendait clairement Ã
démontrer qu'un même état d'ivresse n'avait pas influencé la carrière
politique de F. alors qu'il avait eu des conséquences négatives pour M.
Les faits démontrent en outre que le requérant n'ignorait pas
que les cas de F. et de M. étaient parfaitement dissemblables et ne
pouvait dès lors prétendre être de bonne foi.
Les principes énoncés par la Cour dans l'arrêt Lingens du
8 juillet 1986 conduisent à conclure qu'il n'y avait pas violation de
l'article 10 en l'espèce.
APPENDIX I
HISTORY OF PROCEEDINGS
Date Item
______________________________________________________________________
1 February 1988 Introduction of the application
25 March 1988 Registration of the application
Examination of Admissibility
4 July 1988 Commission's decision to invite the
Government to submit observations
on the admissibility and merits
of the application
2 November 1988 Government's observations
5 January 1989 Applicant's observations in reply
11 October 1989 Commission's decision to declare the
application admissible
Examination of the merits
16 October 1989 Decision on admissibility transmitted
to the parties
7 December 1989 Applicant's observations on the merits
18 December 1989 Government's observations on the merits
10 February 1990) Commission's consideration of the
7 July 1990 ) state of proceedings
8 December 1990 )
8 January 1991 Commission's deliberations on the
merits, final vote and adoption of
the Report
LEXI - AI Legal Assistant
