K., Z. AND S. v. the NETHERLANDSOPINION DISSIDENTE DE M. J.-C. GEUS
Doc ref: • ECHR ID:
Document date: April 7, 1993
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OPINION DISSIDENTE DE M. J.-C. GEUS
A supposer qu'il y ait ingérence dans la vie familiale des
requérants, cette ingérence serait nécessaire à la défense de l'ordre
et à la protection des droits d'autrui.
D'une part, l'ordre social ne saurait s'accommoder de
l'instabilité et de l'incertitude dans l'établissement de la
filiation légale, et d'autre part, sont en jeu les droits de celui
dont la paternité est reconnue par la loi, et de l'enfant qui ne
pourrait se voir attribuer des pères successsifs au gré des
affections de sa mère.
Par ailleurs, si les organes de la Convention n'ont pas Ã
indiquer aux Etats les moyens qu'ils doivent utiliser pour redresser
la violation qu'ils constatent, encore faut-il qu'ils s'interrogent
sur la possibilité d'opérer un tel redressement, qui doit être
efficace non seulement de manière générale mais également dans le cas
particulier qui a donné lieu à la constatation de violation.
La première possibilité consisterait à ouvrir au père biologique
une action en justice lui permettant d'obtenir le renversement de la
présomption de paternité et la reconnaissance légale de sa paternité
biologique.
S'il est possible d'établir scientifiquement qu'un homme ne peut
être le père d'un enfant déterminé, il est impossible d'établir que
tel homme est indiscutablement le père de tel enfant. L'application
du principe "actor incumbit probation" a pour effet de priver de
toute efficacité l'action en justice envisagée, et un système
juridique permettant le renversement de la présomption légale et la
reconnaissance de paternité sans qu'aucune preuve soit apportée
engendrerait de nombreux conflits positifs de paternité ; il ne peut
donc être raisonnablement envisagé.
Reste la voie de l'adoption qui, actuellement, n'est ouverte aux
Pays-Bas qu'aux couples mariés, ce qui, à mon avis, ne se justifie
pas. Toutefois, l'adoption ne peut être accordée que dans l'intérêt
de l'enfant, ce qui implique que l'enfant pourra s'épanouir au
contact d'un père et d'une mère attentifs à son bien-être quotidien,
à son développement intellectuel et affectif.
En l'espèce, le père biologique se refuse au mariage - ce qui
est son droit - mais également à la vie commune, et n'a de ce fait
que des contacts épisodiques avec son enfant.
Dans de telles circonstances, l'adoption ne pourrait être
accordée dans l'intérêt de l'enfant.
Je n'aperçois donc aucune solution acceptable au problème tel
qu'il est posé par les requérants.
Les contacts limités qu'a le requérant avec son fils rendent
hypothétique l'existence d'une vie familiale entre eux, et donc
l'existence d'une ingérence. C'est pour cette raison que je n'ai pu
me rallier à la majorité.
APPENDIX I
HISTORY OF PROCEEDINGS
Date Item
___________________________________________________________________
15 May 1991 Introduction of application
17 July 1991 Registration of application
Examination of admissibility
2 December 1991 Commission's decision to
invite the Government to
submit their observations
on the admissibility and
merits of the application
26 March 1992 Government's observations
29 May 1992 Applicant's observations in
reply
31 August 1992 Commission's decision to
declare the complaints
relating to Articles 8
and 14 admissible and the
remainder of the
application inadmissible.
Commission's decision to
invite the parties, should
they so desire, to submit
further observations on the
merits of the application
Examination of the merits
23 November 1992 Further observations by the
respondent Government on
the merits of the application
30 March 1993 Commission's deliberations
on the merits and final vote
7 April 1993 Adoption of the Report
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