BENHAM v. THE UNITED KINGDOMOPINION DISSIDENTE DE M. MARTINEZ
Doc ref: • ECHR ID:
Document date: November 29, 1994
- Inbound citations: 0
- •
- Cited paragraphs: 0
- •
- Outbound citations: 0
OPINION DISSIDENTE DE M. MARTINEZ
I. J'ai voté contre la violation de l'article 5 par. 1 de la
Convention.
En dépit des particularités du droit anglais et des subtilités
dans le raisonnement de la Commission pour aboutir à la violation de
ladite disposition de la Convention, je crois devoir dire que ce qui
s'est passé me parait très simple.
Le 21 août 1990, la Poole Magistrates' Court ordonna la détention
du requérant pour une durée de 30 jours, considérant que celle-ci était
conforme à la loi. La Divisional Court, en tant que juridiction
d'appel, infirma l'ordonnance de la Magistrates' Court en estimant que
celle-ci avait fait une application erronée de la loi.
Je n'arrive pas à discerner une violation de la Convention dans
le seul fait que la juridiction de premier degré et la juridiction
d'appel ont eu des vues différentes quant à l'application de la loi
interne, même lorsque la liberté d'une personne est en jeu. En effet,
c'est une situation qui se produit fréquemment et dans tous les Etats
sans que quiconque ne "crie" à la violation des droits de l'homme.
Quel est l'acte susceptible d'être considéré comme contraire au
droit à la liberté du requérant ? La décision de la Magistrates' Court
? Si tel est le cas, la Divisional Court a réglé le problème dans
l'ordre juridique interne. Et c'est bien ce qu'exige la Convention,
qui donne aux Etats membres la possibilité de remédier dans leur ordre
juridique interne à toute violation des droits protégés.
N'oublions pas que la Convention repose sur le principe de la
subsidiarité d'où la nécessité, pour le requérant, d'épuiser les voies
de recours internes (article 26), ainsi que l'obligation, pour les
Etats, de prévoir un recours effectif devant une instance nationale
(article 13).
Au paragraphe 50 de son rapport, la Commission exprime l'avis que
la détention du requérant n'était pas "lawful". Mais il me semble que
même en cas de détention illégale, l'article 5 par. 4 de la Convention
n'entraîne pas la responsabilité de l'Etat quand un tribunal constate
"à bref délai" l'illégalité et ordonne la mise en liberté.
II. J'ai voté pour la violation de l'article 5 par. 5, mais je ne
saurais accepter que cela puisse constituer la conséquence d'une
violation de l'article 5 par. 1, violation qui, à mon sens, n'existe
pas.
Je suis d'avis que le texte de l'article 5 par. 5 n'exige pas
qu'une violation soit constatée. Pour moi, il suffit que le requérant
ait fait l'objet d'une détention illégale entre le 25 mars 1991 et le
5 avril 1991 et que le droit interne ne permette pas la réparation.
III. Enfin, j'ai voté contre la violation de l'article 6 de la
Convention.
Il me semble que la Commission fait le procès du droit
britannique par le seul fait qu'il ne saurait prévoir une assistance
judiciaire complète de l'intéressé par un "solicitor" pour la
comparution devant les "magistrates", lorsque ceux-ci convoquent une
personne qui ne paie pas la taxe locale pour se renseigner sur ses
moyens financiers et sur les raisons de son incapacité de payer.
En fait, lors de la décision ordonnant la privation de liberté
du requérant, un "solicitor" est intervenu dans la procédure jusqu'Ã
ce que la juridiction d'appel eût annulé l'ordre d'emprisonnement.
Le requérant n'a donc souffert d'aucune atteinte aux droits de
la défense susceptible d'entraîner la violation de l'article 6 de la
Convention.
APPENDIX I
HISTORY OF THE PROCEEDINGS
Date Item
_________________________________________________________________
20 September 1991 Introduction of application
21 January 1992 Registration of application
Examination of admissibility
12 October 1992 Commission's decision to communicate the
case to the respondent Government and to
invite the parties to submit observations
on admissibility and merits
17 February 1993 Government's observations
8 April 1993 Commission's grant of legal aid
13 May 1993 Applicant's observations in reply
30 August 1993 Commission's decision to hold a hearing
Hearing on admissibility and merits, the
parties being represented as follows :
Government :
Mrs. A. Glover, Agent
Mr. D. Pannick, Q.C., Counsel
Ms. A. Jenkins and
Ms. E. Hutchinson, Advisors
Applicant :
Mr. J. Wadham, Liberty
Mr. B. Emmerson, Counsel
13 January 1994 Commission's decision to declare the
application admissible
Examination of the merits
26 January 1994 Decision on admissibility transmitted to
parties. Invitation to parties to submit
further observations on the merits
14 May 1994 Commission's consideration of state of
proceedings
15 October 1994 Commission's consideration of state of
proceedings
29 November 1994 Commission's deliberations on the merits,
final vote and adoption of Report.
LEXI - AI Legal Assistant
